Déjà 5 jours que je suis revenue du Pérou, et mes souvenirs sont toujours vivaces et douloureux mais aussi plein de merveilleux moments. Je suis revenue différente ou peut-être tout simplement moi-même. J’ai adoré cette expérience, qui je l’espère, ne sera pas unique et que toute personne devrait vivre au moins une fois.
Lima est une très grande ville, très polluée, très dense et intense. La vie grouille, les 100 000 taxis vrombissent, les maisons de pacotilles se multiplient et les cafards aussi. Notre stage a été fait de telle façon que nous puissions nous acclimater doucement, au gré des visites et rencontres. Mes lacunes en espagnol ont été bien ennuyeuses mais avec les enfants, les jeux et la musique ont fait des ponts. La majorité des ressources de prévention ou de réinsertion que nous avons visitées sont des signes d’espoir pour ces enfants et adolescents qui veulent s’en sortir et qui sont très doués. Les choses que nous leur avons apportées étaient bien peu par rapport à ce qu’ils nous ont donné.
J’ai aimé tous ces jeunes, ces sourires, ces clins d’œil, mais mon coeur est encore avec les jeunes de Casa del Dia. Là, dans cette cour sale en plein centre de la ville, les enfants de 6 à 20 ans viennent passer quelques heures pour se reposer du rythme infernal de la rue. Ils se font soigner, reçoivent un peu de nourriture et d’instruction, jouent au foot et font de la musique. Surtout, ils reçoivent de l’attention de la part d’adultes, souvent eux-mêmes anciens de la rue, chose qu’ils ne trouvaient pas chez eux. Savoir qu’ils peuvent y retrouver Luis, Pilar, Rosa après leurs nuits dans la rue à avoir faim, froid me réconforte un peu. C’était très dur de les voir respirer la colle dans leurs petits sacs en plastique et perdre cette belle lueur qu’ils avaient dans les yeux pendant la journée. C’était encore plus difficile de les quitter après avoir dessiné, chanté, pris des tonnes de photos avec eux et les avoirs serrés et câlinés si fort, tout en sachant qu’ils allaient eux, rester dehors, à la merci des vicieux, des policiers, des dealers…
J’espère que la musique et leur lumière dans les yeux leur permettront de vivre autre chose. J’espère que les quelques heures passées avec eux leur ont donné assez de force pour garder l’espoir et aller de l’avant. J’espère qu’ils donneront une nouvelle chance à leurs parents et leur pays si ceux-ci veulent enfin réparer les fautes commises envers ces enfants et rétablir la confiance perdue. Ce qu’il manque le plus à ces enfants, c’est simplement de l’amour…
Alors comme je vous le dis toujours mais avec encore plus de force et pour tous ces enfants d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie mais aussi du Canada, de France et de partout: Portez-vous bien, Aimez-vous bien.
Kenavo
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